Cent Vingt-Trois Eddy Pallaro
Notes d’intention du Metteur en Scène
Travailler sur l’imaginaire et la curiosité des enfants
« Les enfants sont naturellement philosophes parce qu’ils posent des questions, les adultes sont naturellement idiots parce qu’ils y répondent. »
Proverbe
Créer pour le jeune public était une idée qui me trottait dans la tête depuis plusieurs années. J’avais notamment remarqué à quel point ce secteur était souvent artistiquement riche et singulier et qu’il était aussi, souvent, un lieu privilégié pour la découverte et l’émergence de jeunes auteurs.
Avec Eddy Pallaro, nous avions déjà vécu l’expérience d’une commande d’écriture d’un livret pour le Forum et l’école nationale de musique du Blanc-Mesnil (93) autour d’un opéra pour enfants ; c’était Râma en 2002, une libre adaptation du célèbre conte indien : le ramayana. Il s’agissait alors de mettre en scène deux classes d’élèves de CM2 avec un chœur d’adultes et des comédiens de la Compagnie.
Avec CENT VINGT TROIS, il ne s’agit plus de créer « avec » mais « pour » les enfants. Cette différence peut paraître fondamentale et pourtant, il me semble d’emblée que nous ne réussirons le projet que si nous ne considérons pas les enfants comme un public « à part ». Au contraire, je pense qu’il faut partir d’un postulat presque inverse, à savoir que les enfants sont un public à priori très exigeant dont les capacités d’ouverture d’esprit sont immenses.
J’ai donc demandé à Eddy non pas de
se transformer en « auteur jeune public »,
mais bien de garder la singularité de son écriture, de partir de lui-même, de la part d’enfance qui est chez chacun d’entre nous.
CENT VINGT TROIS est une invitation au questionnement ; une fable pour penser, rêver, imaginer, dépasser. Nous voudrions que cela soit joyeux et profond à la fois ; faire sentir tout le plaisir que l’on peut prendre à se mettre en questions ; le vertige que cela peut procurer.
À quoi ressembleront le décor et les costumes : nous n’en savons rien pour l’instant, car pour nous aussi, il s’agira de questionner notre geste théâtral et de partir à l’aventure sur le chemin d’un texte en devenir. Que d’incertitudes donc ! Mais que de possibles aussi !
Poser un autre regard sur nos vies. C’est à cela que nous convions.
Arnaud Meunier
8 juin 2005
◼ la Compagnie