Résumé



El Ajouad - Les Généreux ! Le titre réveille de lointaines résonances de poésie épique et annonce le geste de modestes héros de l'ombre, ignorants de leur grandeur. La pièce est architecturée en trois tableaux :


  - Un syndicaliste, Errabouhi Habib, attendri par l'état d'abandon des animaux du zoo du jardin public de sa ville, instaure une "structure parallèle" pour les soigner et les nourrir. En suppléant à la carence des responsables officiels, il sème chez eux - à son insu - l'émoi et la suspicion et suscite de leur part un branle-bas de combat dans lequel ils investissent toute une énergie dévoyée. Ils produisent un discours qui met à nu leurs petits intérêts et les expose aux traits d'ironie du nourricier improvisé.


  - Menouar, le concierge d'un lycée, prend soin du squelette de feu son ami le cuisinier Akli qui, avant sa mort, en avait fait don aux lycéens comme gage de sa participation posthume à la construction d'une société nouvelle, lui qui, auparavant, avait participé à la lutte armée. Une double leçon se déroule dans la classe de sciences. Un double discours, en chassé-croisé, est tenu aux élèves : celui du savoir scientifique précis et impersonnel que l'enseignante développe sur la constitution anatomique du squelette  humain  ;  celui, émotionnel et  éthique  de l'ami  du défunt pour ranimer l'image généreuse du disparu et transmettre ses aspirations aux héritiers de ses os.


  - Un petit employé d'hôpital, Djelloul Lefhaïmi, se lance dans une course frénétique autour des différents pavillons qui intrigue et inquiète ses compagnons de travail. Ses réactions intempestives mues par sa générosité mais jugées contraires au règlement lui ont valu d'être plus d'une fois traduit devant le conseil de discipline et déplacé d'un poste de travail à un autre pour terminer à la morgue qui jouxte la sortie, dernier poste avant l'expulsion en cas de récidive. C'est pourquoi l'incorrigible raisonneur court éperdument dans les allées de l'hôpital pour calmer ses nerfs soumis à une nouvelle épreuve : Un des "cadavres" de la morgue - attendant que se libère un casier de la chambre froide pour y être installé - s'est avisé de quitter son brancard sous le regard sidéré de Lefhaïmi et de l'interpeller comme s'il était Azrail en personne, l'ange de la mort. En fait, il s'avère qu'une erreur d'affectation a conduit un malade évanoui à la morgue à la place d'un autre décédé laissé sur place.


Entre ces trois scènes s'intercallent des intermèdes poétiques chantés qui introduisent des modulations du texte sur la même thématique.

El Ajouad

(Abdelkader Alloula/Mohammed Benyoucef)

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