A quoi sert une histoire ?
A quoi bon, être là, sur une scène, chanter et jouer là ?
"Pour résister à la mort" m'a alors réondu une des élèves de CM2, comme Shéhérazade qui racontait les mille et une nuits pour échapper aux bourreaux.
C'est certainement cela que nous avon cherché à travers cette création : résister à.
Affirmer les présences de ces soixante-quatorze êtres, sans artifice, ni supercherie.
La simple émotion des corps et des regards comme unique et ultime rempart à l'individualisme et à la barbarie.
Ne pas instrumentaliser le désir des amateurs (petits ou grands).
Affirmer le rêve et l'imaginaire comme acte de résistance politique, comme espace survivance.
Faire partager nos engagements, nos recherches, en transmettre le sens.
Refuser le simple divertissement stérile et consensuel.
Questionner, tenter, au risque de faillir ou d'échouer.
Revendiquer l'Art comme enjeu de civilisation.
Vouloir être tous ensemble au service d'un geste, d'une proposition, d'une histoire : notre histoire.
Oser l'universel et le poétique comme réponse au renoncement, à la consommation, au mépris de nos vies, à la récupération médiatique et à la bêtise.
Ils ont dix ou cinquante ans, ils s'appellent Claude, Bruno, Kamel, Toufik ou Sulakshana et ils sont là debouts.
Arnaud Meunier
le 24 avril 2002